Document Inflation + Science Politique
I) Introduction
a) Qu'est-ce que les sciences-sociales
Les sciences sociales sont des disciplines qui cherchent à comprendre et expliquer la société et les comportements humains. Elles étudient la manière dont les individus vivent ensemble, interagissent, travaillent, échangent et s’organisent.
La sociologie : étudie les comportements, les normes, les valeurs, les inégalités, les groupes sociaux et la manière dont les individus s’intègrent dans la société.
L’économie : analyse comment les individus, les entreprises et les États produisent, échangent et consomment des biens et services, et comment se créent les richesses. C’est une science de la répartition.
La science politique : s’intéresse au pouvoir, aux institutions politiques, à la démocratie, aux élections et aux relations entre gouvernants et citoyens.
Les sciences sociales s’appuient sur :
-Des enquêtes et des statistiques pour mesurer et comparer les phénomènes sociaux.
-Des observations et entretiens pour comprendre les comportements et représentations des individus.
-Des théories pour expliquer les mécanismes sociaux et économiques.
b) Qu'est-ce que les Sciences Economiques et Sociales
C'est une discipline propre au lycée, elle combine 3 disciplines;
L’économie : elle étudie la manière dont les individus, les entreprises et l’État produisent, échangent et consomment. Elle s’intéresse aussi à la création de richesses, au chômage, à la croissance, aux inégalités, etc.
Les sciences économiques s'interessent à la rareté et ainsi à la répartition.
La sociologie et la science politique : elles cherchent à comprendre les comportements humains, les groupes sociaux, les normes et valeurs, la démocratie, les élections, le rôle de l’État, etc.
II) Qu'est-ce que l'économie
a) L'exemple d'un phénomène et d'un indicateur; la hausse des prix - L'inflation
L’inflation est l’augmentation générale et durable des prix dans une économie.
Cela signifie que, sur une période donnée, la plupart des biens et services deviennent plus chers.
Par exemple;
Si une baguette passe de 1 € à 1,10 €, il y a une hausse de prix.
Si tous les prix augmentent de manière générale, on parle d’inflation.
Les causes de l'inflation sont multiples;
-Hausse de la demande : quand beaucoup de gens veulent acheter mais que l’offre est limitée (ex. : forte consommation → prix qui montent).
-Hausse des coûts de production : quand les salaires, l’énergie ou les matières premières augmentent, les entreprises répercutent ces coûts sur leurs prix.
-Excès de création monétaire : quand trop d’argent circule par rapport à la quantité de biens disponibles.
b) L’économie ; un choix sous contrainte
L’économie part d’un constat : les besoins et les envies des individus sont très nombreux, mais les ressources dont ils disposent sont limitées. Cela signifie que l’on ne peut pas tout avoir ni tout faire, et qu’il faut donc faire des choix.
Ces contraintes prennent différentes formes. Chaque individu dispose d’un budget limité : avec une certaine somme d’argent, on ne peut pas acheter tout ce que l’on désire. Le temps constitue une autre limite : une journée ne compte que vingt-quatre heures, et chacun doit décider comment l’utiliser entre travail, repos, études ou loisirs. Enfin, les sociétés elles-mêmes font face à la rareté : les matières premières, l’énergie, l’eau ou les terres agricoles ne sont pas disponibles en quantité infinie.
L’économie consiste donc à étudier comment les individus et les sociétés utilisent au mieux leurs ressources rares afin de répondre à leurs besoins et d’organiser leurs activités.
III) Qu'est-ce que les Sciences-Politiques
Exemple d'un objet d'étude en Science politique
a) La contestation sociale
On appelle contestation sociale un groupe d'individus, se rassemblant autour d'un point de vu commun contestant un pouvoir politique dominant.
Afin de comprendre un groupe contestataire, il convient d'identifier les 3 éléments suivants;
- L'identité du groupe, par exemple les "gilets jaunes" étaient constitués de la classe populaire et de retraités.
-Les revendications du groupe, par exemple, les écologistes revendiquent une place importante des espaces verts dans les villes.
-Les modes d'action sont les manières d'agir et de se faire connaitre de ces groupes, par exemple Act'up qui se fera connaitre par ses buzz.
Le but des mouvements contestataires est la transformation d'une partie de la société, donc d'acquisition d'une part de pouvoir.
L'histoire est remplie d'amélioratons acquises par les mouvements sociaux, exemple le droit de vote des femmes, les congés payés, la reconnaissance de droits pour les animaux etc....
IV) Qu'est-ce que la sociologie ?
a) Exemple; le choix des vêtements
La manière de s’habiller n’est pas seulement un choix individuel ou esthétique, elle est aussi influencée par notre habitus. L’habitus, c’est l’ensemble de dispositions, de goûts et d’habitudes que l’on acquiert au cours de sa socialisation, souvent sans même s’en rendre compte. Ces dispositions influencent nos préférences vestimentaires : certains styles nous paraissent “naturels” ou “évidents” parce qu’ils correspondent à ce que l’on a appris dans notre famille, à l’école, ou dans notre milieu social.
De plus, nos vêtements expriment souvent notre appartenance à des groupes sociaux. Les jeunes peuvent s’identifier par un style (skateurs, gothiques, sportifs, “modeux”…), les professionnels par une tenue de travail (costume, uniforme, blouse…), et les groupes culturels ou religieux par des codes vestimentaires spécifiques.
Ainsi, la sociologie des vêtements montre que s’habiller, c’est aussi une manière de dire qui l’on est, d’où l’on vient et à quel groupe on appartient.
V) Corrélation et causalité
La corrélation c’est lorsque deux données se suivent mais n’ont pas forcement de liens entre-elles.
Ces données peuvent se suivre pour 2 raisons ; soit par un total hasard, soit parce qu’il y’a une troisième donnée qui lie les 2 données.
files/corrélationetcausalite.docx
Une causalité c’est lorsqu’il y a un lien entre les deux données, que ce lien a été démontré, on parle de lien de cause à effet.
Il est très important d’en cerner la différence, car des erreurs dans les médias ou autres pourraient avoir tendance à nous faire pense qu’une corrélation est une causalité, alors qu’aucun lien n’a été démontré.
Chapitre 2 La formation des prix sur le marché
I) La demande
a) Défintion générale
La demande exprime le besoin d'un consommateur. Son fonctionnement est universel, on en détermine d'ailleurs une loi générale, la loi de la demande qui stipule que;
Lorsque le prix d'un bien est élevé, la quantité demandé est faible et lorsque le prix d'un bien est faible, la quantité demandé est élevée.
b) Exceptions
A cela 2 exceptions à cette loi générale, tout d'abord les biens essentiels, dits biens Giffen, sont des biens dont les quantités demandées ne diminuent pas voir peuvent augmenter en fonction d'une hausse des prix. Ce sera le cas de biens essentiels, essence, eau, farine, oeufs etc.... C'est à dire des biens dont on ne peut faire l'impasse.
Ensuite les biens Veblen (T.VEBLEN), ce sont les biens de luxe. Le prix fait parti du produit, ce sont des produits que l'on achète non pas uniquement pour l'usage de l'objet, mais pour le prix, car il permet de se distinguer. Ainsi, la hausse du prix des biens de luxe, entraine une hausse de la quantité demandée.
C) Modélisation graphique
On remarque alors que la droite de demande est décroissante en fonction du prix.
D) Elasticité et inélasticité de la demande
Elasticité
On dit de la demande qu'elle est élastique, lorsque la quantité demandée est très sensible au prix, ainsi, une petite variation du prix, à la baisse ou à la hausse, entraine une grande variation de la quantité demandée.
C'est pas exemple le cas des biens non-essentiels.
- Les vêtements de mode; si les prix augmentent, les gens peuvent attendre les soldes ou acheter moins.
-Chocolats, friandises; si les prix augmentent, les consommateurs peuvent acheter une autre marque.
-Les produits de beauté; ce sont des biens de conforts, il y a beaucoup d'alternatives et sont souvent achetés juste pour le plaisir sans nécessité.

Inelasticité

E) Déplacement de la droite de demande
choc de demande positif
On parle d'un choc de demande positif lorsque la demande augmente de manière soudaine alors que le prix n'a pas varié.
Les raisons sont diverses;
-Hausse de revenu des consommateurs; quand le pouvoir d'achat des consommateurs augmente, les ménages achètent plus.
-Effet de mode ou changement de préférences; un produit devient populaire grâce à la publicité ou aux réseaux sociaux ou une tendance culturelle. (Les stan Smith reviennent à la mode, le succès soudain d'une boisson énergisante)
-Croissance démographique: plus de consommateurs donc plus de demande (des nouveaux habitants dans une région, hausse du tourisme

choc de demande négatif
On parle d'un choc de demande négatif lorsque la demande diminue de manière soudaine alors que le prix n'a pas varié.
Les raisons peuvent être:
-Baisse des revenus: quand les ménages ont moins d'argent, ils réduisent leurs dépenses, surtout sur les biens non essentiels
-perte de confiance ou pessimisme économique, si les consommateurs ont peur de l'avenir, ils préfèrent épargner au lieu de consommer. (pendant une guerre, la crise du COVID).
-Des changements de préférences; les goûts évoluent et certains produits deviennent ringards ou nuisibles à l'image. (baisse de la demande de tabac ou de viande rouge)
II) L'Offre
A)Définition générale
L'offre est exprimée par le vendeur, l'entreprise. Elle représente la quantité offerte pour chaque niveau de prix.
La loi de l'offre stipule que plus un prix est élevé plus la quantité offerte sera élevée et plus le prix est faible, plus la quantité offerte sera faible.
En effet l'offreur verra sa possibilité de gains augmenter avec un prix élevé.
Attention cela ne signifie pas qu'un prix faible ne peut pas faire parti d'une stratégie commerciale, mais que dans l'absolu, le vendeur est guidé par une action égoïste d'augmenter le plus possible ses gains, ce qui est possible lorsque les prix sont élevés (ou lorsque les coûts sont très faibles).
B)Modélisation graphique

On constate alors, que l'offre est croissante en fonction du prix
III) Le Marché
A)Le prix d'équilibre
Le marché est un lieu physique ou virtuel ou se retrouve une offre et une demande afin d'échanger des biens ou des services (les biens sont physiques et stockables et les services sont non physiques et non stockables)
L'économiste Adam Smith théorisera le premier le concept de Marché, comme lieu de rencontre entre une offre et une demande. Ainsi, selon lui, il ne peut y avoir rencontre entre une offre et une demande que parce que les individus sont égoïstes, le demandeur cherche à payer le moins cher, et l'offreur cherche à vendre le plus cher possible.
De cette rencontre entre offreurs et demandeurs, va commencer une négociation sur le prix et donc sur les quantités, on arrivera alors à un prix d'équilibre et une quantité d'équilibre.
C'est le prix mettant d'accord offreurs et demandeurs.
Ce prix émerge par tâtonnements successifs.

B)L'effet d'une taxe
1. Introduction à la socialisation
a. Inné / Acquis
L'inné c'est ce que l'on sait faire par défaut, par nature, disons par instinct. Par exemple respirer, se déplacer, pleurer.
L'acquis c'est ce que nous apprenons... L'acquisition. Apprendre une langue, à écrire.
On émet l'hypothèse, en sociologie, que l'individu est principalement un être d'acquis. Ce qui ne signifie pas qu'il n'a pas d'instinct, mais la particularité de l'Homme, par rapport à l'animal, c'est que ses capacités d'acquisition sont inouïes et de plus il a la capacité de ré-interroger ses instinct et de les empêcher.
Comme disait Albert Camus; "Un Homme, ça s'empêche".
Il est important de poser ces bases théoriques avant d'entamer la question de la socialisation, car celà nous amène à comprendre que l'être humain est le fruit d'une construction et non pas l'émanation d'un destin qui serait enfermé dans son gène.
Le cas des enfants sauvages
Le cas des enfants sauvages est un matériaux rare, car il nous permet de déterminer, avec plus ou moins de précision, ce qui relève de l'inné et de l'acquis chez l'Homme, en comparant ces individus qui ont grandi hors de toutes civilisations. Ainsi par exemple, il apparait que la Bipédie n'est pas forcément une action innée mais peut-être bien acquise, par imprégnation, on peut le supposer. En effet , les cas d'enfants ayant grandi avec des animaux montrent qu'ils avaient une posture plutôt à quatre pattes.
De plus, ces cas interrogent sur ce qui distingue l'animal de l'humanité.
Vous pouvez voir à travers ce lien , le documentaire vu en classe => DOCUMENTAIRE LES ENFANTS SAUVAGES

B. Normes et valeurs
Du latin norma, qui signifie la règle, la norme sociale est la règle du groupe. Les règles sont essentielles aux groupes et permet la survie du groupe social.
Par exemple, dans une famille, qui est un groupe social, il y'a un ensemble de règles, des règles générales ou des règles plus spécifiques à des moments.
Ainsi, le repas de famille est un des moments ou l'on peut observer toutes ces normes, ou du moins certaines; tiens-toi droit, il ne faut pas mettre ses coudes sur la table, pas de téléphone à table etc...
A l'école, qui est aussi un groupe social, d'une autre configuration, mais qui rassemble un ensemble d'individus qui partagent quelque chose de commun, des normes règlent la vie étudiante; on lève la main pour parler, on arrive pas en retard, il faut faire ses devoirs etc...
Dans un groupe sportif, il y a aussi un ensemble de règles; ne pas fumer ou ne pas boire d'alcool pendant ou après l'entrainement.
Si l'individu va à l'encontre de ces règles alors il risque la sanction négative.
La sanction négative peut être la punition, l'exclusion du groupe, voir la stigmatisation (du latin sigma = La marque au fer rouge et du grec ancien stigma =La piqûre)
A l'opposé, le groupe peut récompenser l'individu qui se conforme aux normes par la sanction positive, c'est à dire les récompenses. A l'école, les bonnes notes, les compliments, sont des sanctions positives qui visent à indiquer à l'individu qu'il est bien intégré au groupe scolaire et qu'il est dans la norme attendue.
Ajoutons que ces normes peuvent être formelles, c'est-à-dire écrite, (des lois, des règles) ou bien informelles, c'est-à-dire non dites.
Il faut bien comprendre que la norme sert la cohésion du groupe et plus globalement la survie du groupe. Notons que les normes sociales diffèrent d'un groupe à l'autre, d'une société à l'autre, d'une famille à l'autre, etc.
En sociologie, on définit les valeurs comme des attributs, des idéaux, valorisés par le groupe social. Ces valeurs orientent et conditionnent le groupe.
Notons que les valeurs de chaque groupe sont différentes, mais tout comme les normes, les valeurs sont la raison d'existence du groupe.
par exemple; la franchise, la compétition, la violence, la santé, la beauté, la bienveillance.
Ajoutons que les normes sont relatives aux valeurs, en d'autres termes les normes sont les règles permettant la survie des valeurs.
Ainsi, si dans une famille, la bienveillance est une valeur, il sera normatif d'aidzr la voisine à porter ses cours.

L'exemple du crachat, une norme en mouvement par Norbert Elias
« Il y a quatre cents ans à peine l'habitude de cracher n'était pas moins répandue ni moins naturelle
en Occident. Les « contenances de table » latines aussi bien qu'anglaises, françaises et allemandes
prouvent que cracher n'était pas seulement, au Moyen-Âge, une coutume acceptée mais un besoin
quasi universel. Même la couche chevaleresque-courtoise semble tenir pour parfaitement normal de
cracher fréquemment. La restriction essentielle qu'on s'impose est de ne pas cracher sur la table et
par-dessus la table, mais sous table. On précise aussi qu'il ne faut pas cracher dans la cuvette quand
on se lave les mains ou la bouche, mais à côté. Ces interdictions sont répétées avec une telle insistance
dans tous les traités de savoir-vivre et de courtoisie qu'on peut aisément en conclure que la « mauvaise
habitude » visée par ces interdictions était fort répandue. La pression sociale qui s'exerçait au Moyen-
Âge contre ces abus n'était jamais assez forte ni le conditionnement assez astreignant [contraignait]
pour qu'elles aient disparu de la vie en société. [...] Au XVIe siècle, la pression de la société s'accentue.
Il est impérieux de mettre le pied sur le crachat. L'utilisation du mouchoir est évoquée comme une
possibilité et non comme une obligation pour dissimuler un geste qui commence à être ressenti
comme « pénible ». […] En 1774, on juge déjà l'habitude de cracher pénible et on n'aime plus en parler.
En 1859 enfin, « cracher est en tout lieu une habitude dégoûtante ». Il n'en reste pas moins que le
crachoir, dispositif technique destiné à « canaliser » cette habitude conformément à la progression du
seuil de la sensibilité aux expériences « pénibles », occupe, tout au long du XIXe siècle, encore une
place importante à l'intérieur de la demeure. Cabanès rappelle en 1910 qu'au départ attirail de
prestige, le crachoir a accédé peu à peu à la fonction d'objet d'usage intime. Mais on a fini par s'en
passer aussi.
Dans un large secteur de la société occidentale, le besoin même de cracher semble avoir disparu ».
Source : Norbert Elias, La civilisation des mœurs, 1939
C. La socialisation
La socialisation est un processus qui dure tout au long de notre vie, permettant à un individu de s'intégrer ( au groupe) et de s'adapter à son environnement social, et donc de vivre en groupe.
Cette socialisation est alors le processus d'apprentissage des normes, des valeurs, des pratiques culturelles, des habitudes du groupe dans lequel l'individu se socialise.
Il faut comprendre que l'on considère l'individu comme un être fondamentalement social, c'est à dire grégaire par nature, qui a un besoin impérieux de vivre en groupe et la socialisation est le processus d'intégration de l'individu dans le groupe.
Cette socialisation se fait de 3 manières; par inculcation, par imprégnation par pratique directe.
La socialisation primaire a lieu durant l’enfance, souvent jusqu’à l’adolescence. Elle est essentielle car elle pose les bases de la personnalité et des comportements futurs. Les premiers agents de socialisation sont généralement la famille, puis l’école, auxquels s’ajoutent parfois les pairs (amis, camarades) et les médias.
C’est pendant cette phase que l’enfant apprend des éléments fondamentaux : la langue, les règles de politesse, les normes de comportement, les premières valeurs, ou encore les différences entre le bien et le mal.
La socialisation primaire est souvent forte, affective et durable, car l’enfant est très dépendant de son entourage. Les habitudes et normes acquises durant cette période influencent profondément l’identité.
La socialisation secondaire, elle, se déroule à partir de l’adolescence. Elle intervient lorsque l’individu entre dans de nouveaux milieux sociaux qui exigent l’apprentissage d’autres rôles et d’autres normes. Cela peut être, le monde du travail, une formation professionnelle, un nouveau groupe d’amis, un couple, une association, ou même un changement de statut social.
Cette socialisation est généralement plus spécialisée : elle permet d’apprendre les comportements nécessaires à un contexte précis (par exemple, la manière de se comporter en entreprise, de travailler en équipe, de respecter une hiérarchie).
Elle est moins affective que la socialisation primaire, mais elle reste très importante, car elle permet à l’individu de s’adapter à l’évolution de sa vie : changement d’emploi, déménagement, parentalité, nouvelles responsabilités, etc.

2. De multiples instances de socialisation
A. La famille
Selon l’InSEE, une famille est une partie d’un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée : soit d’un couple vivant dans le même ménage, avec éventuellement un ou plusieurs enfants ; soit d’un adulte vivant avec un ou plusieurs enfants (famille monoparentale).
La famille est donc une structure sociale dans laquelle les individus vivent ensemble durablement et dans laquelle s’effectue une partie essentielle de la socialisation.
La famille est le premier agent de socialisation : c’est dans ce cadre que l’enfant apprend, dès la naissance, les bases de la vie sociale.
Elle transmet, de manière : directe ou indirecte, consciente ou inconsciente,
les éléments de la culture nécessaires pour vivre en société : les normes (ce qui est permis, interdit, attendu), les valeurs (ce qui est considéré comme important, bien ou mal), les codes symboliques (langage, façons de s’exprimer, de se comporter).
Cette transmission permet à l’enfant de s’intégrer dans la vie sociale.
Ce que la famille transmet concrètement;
Une identité
La famille transmet d’abord une identité civile : un ou plusieurs prénoms, un nom de famille, une inscription dans une lignée, une histoire familiale.
Cela participe à la construction de l’identité personnelle et sociale de l’enfant.
Le langage et les comportements
La famille transmet aussi : le langage (vocabulaire, accent, manière de s’exprimer), les normes de comportement (politesse, rapport à l’autorité, à la règle, aux autres), les « techniques du corps » manger, se laver, se tenir à table, se déplacer, se présenter, etc.
Ces apprentissages permettent à l’enfant de savoir comment se comporter selon les situations sociales (à la maison, à l’école, avec des inconnus…).
Une position sociale et des ressources
La famille peut aussi transmettre :un patrimoine économique et financier (argent, logement, héritage),une position dans l’espace social (milieu populaire, moyen, favorisé),un capital social (réseaux, relations, « carnet d’adresses »).
B. L'école
L’école : une institution
L’école est une institution, c’est-à-dire un ensemble d’actes, de règles, d’idées et d’organisations qui s’imposent aux individus.
Contrairement à la famille, qui repose sur des relations affectives et privées, l’école est un cadre formel, public et organisé, qui encadre les comportements des élèves de manière explicite.
En fonction de l’âge des élèves et de leur niveau, l’institution scolaire définit : des normes (règles de comportement, de travail, de discipline), des valeurs (respect, égalité, mérite, effort, coopération), des contraintes (horaires, évaluation, sanctions, obligations).
Ces règles s’imposent : aux élèves mais aussi indirectement aux parents (par exemple via le règlement intérieur).
La signature du règlement intérieur par les parents et les élèves illustre bien le caractère contraignant et institutionnel de la socialisation scolaire.
Le système éducatif français repose sur plusieurs principes fondamentaux : la liberté de l’enseignement, la gratuité, la neutralité, la laïcité,l’obligation scolaire.
Ces principes structurent la socialisation scolaire.
En particulier, la neutralité philosophique, religieuse et politique s’impose non seulement aux élèves, mais aussi aux enseignants et aux personnels éducatifs.
L’école transmet des normes et des valeurs qui peuvent évoluer selon les priorités politiques et sociales.
Ces dernières années, elle insiste particulièrement sur : l’égalité entre les filles et les garçons, la lutte contre les discriminations (racisme, homophobie, sexisme), la prévention du harcèlement, notamment via les réseaux sociaux, le respect d’autrui et des règles collectives.
L’école ne transmet donc pas seulement des savoirs, mais aussi des comportements attendus dans une société démocratique.
La socialisation scolaire peut parfois :compléter celle de la famille mais aussi la contredire (sur la religion, l’égalité des sexes, l’autorité, la liberté d’expression, etc.).
L’enfant est alors confronté à plusieurs systèmes de normes et de valeurs, ce qui participe à la construction de son autonomie et de son esprit critique.
3. Une socialisation différenciée selon le milieu social et le genre
Une socialisation qui n’est pas identique pour tous
La socialisation ne produit pas des individus identiques : elle est différenciée selon les caractéristiques sociales des individus, notamment :le genre (fille / garçon) et le milieu social (populaire, moyen, favorisé).
Cela signifie que les individus n’apprennent pas les mêmes normes, les mêmes rôles, les mêmes aspirations, ni les mêmes comportements selon leur position sociale.
Dès l’enfance, filles et garçons sont exposés à des attentes sociales différentes.
La société attribue traditionnellement : aux filles : des qualités comme la douceur, l’attention aux autres, l’émotion, le soin ; aux garçons : la force, la compétitivité, l’autonomie, la maîtrise des émotions.
Ces normes sont transmises par : la famille (jeux proposés, tâches domestiques, encouragements), l’école (interactions différenciées, orientation scolaire), les médias (représentations stéréotypées), les pairs (pression du groupe).
Cela conduit à une intériorisation des rôles de genre.

Cette socialisation différenciée explique en partie : les choix d’orientation différents (filles plus présentes dans le soin, l’enseignement ; garçons dans les sciences, la technique), les inégalités professionnelles (écarts de salaire, plafond de verre), la division sexuée du travail domestique.
Le genre est donc une construction sociale qui produit des inégalités.

Le milieu social influe fortement sur les normes, les valeurs et les ressources transmises.
Selon le sociologue Pierre Bourdieu, les familles transmettent des capitaux inégaux : capital économique (revenus, patrimoine), capital culturel (langage, diplômes, rapport à l’école), capital social (réseaux, relations).
Ces différences influencent : la réussite scolaire, la confiance en soi,les ambitions professionnelles.
Cela contribue à la reproduction sociale, c’est-à-dire à la tendance des enfants à rester dans la même position sociale que leurs parents.

Genre et milieu social se combinent : Une fille de milieu favorisé et une fille de milieu populaire ne vivent pas la même socialisation. De même pour les garçons.
On parle alors d’effets croisés : les inégalités ne s’additionnent pas simplement, elles se renforcent ou se modifient selon les configurations.

Chapitre 4: Création et mesure de la richesse
Dans notre vie quotidienne, nous utilisons sans cesse des biens et des services : manger du pain, aller au lycée, se soigner, regarder un film en streaming ou prendre les transports. Tous ces biens et services n’apparaissent pas par hasard : ils sont produits par différents acteurs de la société. Cette production permet de créer des richesses.
Mais qu’appelle-t-on exactement une richesse ?
Qui la produit ?
Comment peut-on mesurer la richesse créée dans une entreprise ou dans un pays entier ?

I) Mesure de la richesse
a) Qu'est-ce que le P.I.B
Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un indicateur économique qui permet de mesurer la richesse créée dans un pays sur une période donnée, le plus souvent une année.
Le PIB est souvent utilisé comme un indicateur de richesse et de puissance économique d’un pays. En effet, plus le PIB d’un pays est élevé, plus ce pays produit de biens et de services, ce qui lui donne un poids économique important sur la scène internationale.
Un PIB élevé permet à un État de disposer de ressources financières importantes, grâce aux impôts et aux cotisations prélevés sur la richesse produite. Ces ressources peuvent ensuite être utilisées pour financer les services publics, les infrastructures, la protection sociale ou encore l’investissement.
Selon cette logique, appelée parfois effet de ruissellement, la richesse créée à l’échelle globale peut bénéficier à l’ensemble de la population
PIB en $ Courants en 2024
TOP 10
(source https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.MKTP.CD?most_recent_value_desc=true)
b)Comment se calcul le P.I.B
Le PIB se calcule en additionnant la valeur ajoutée créée par tous les producteurs d’un pays.
Formule à retenir :
PIB = somme des valeurs ajoutées
Pour comprendre ce calcul, il faut donc d’abord comprendre ce qu’est la valeur ajoutée et comment elle se calcule dans une entreprise.
La valeur ajoutée (VA) correspond à la richesse réellement créée par une entreprise grâce à son activité de production.
Elle se calcule à partir de deux éléments :
le chiffre d’affaires (CA) :
somme des ventes réalisées par l’entreprise ;
les consommations intermédiaires (CI) :
biens et services achetés et utilisés pour produire (matières premières, énergie, emballages…).
Formule de la valeur ajoutée :
Valeur ajoutée = chiffre d’affaires – consommations intermédiaires
Exemple : une boulangerie
Une boulangerie réalise sur une année :
Chiffre d’affaires : 120 000 € (vente de pains et viennoiseries)
Consommations intermédiaires :farine : 30 000 €, électricité : 8 000 € , levure, sel, emballages : 12 000 €
CI totales = 50 000 €
Calcul de la valeur ajoutée :
VA = 120 000 – 50 000 = 70 000 €
Ces 70 000 € représentent la richesse créée par la boulangerie.
C’est cette somme qui sert ensuite à : payer les salaires , verser des impôts et cotisations, dégager éventuellement un bénéfice.

c) La mesure de la croissance

La croissance économique correspond à l’augmentation de la richesse produite dans un pays sur une période donnée.
Concrètement, on dit qu’il y a croissance lorsque le PIB augmente d’une année sur l’autre.
La croissance économique est la variation du PIB, généralement mesurée en pourcentage sur une année.
La croissance se mesure à l’aide du taux de croissance du PIB.
Taux de croissance = (PIB année N – PIB année N-1) / PIB année N-1 × 100
Si le taux est positif → croissance
S’il est nul → stagnation
S’il est négatif → baisse de l’activité
Lorsque le PIB baisse, on parle de ralentissement économique, mais il existe deux situations différentes :
La récession
La dépression
Baisse forte et durable du PIB, Accompagnée de chômage massif et de faillites
Situation exceptionnelle et grave
d) Les grandes tendances
Le choc pétrolier de 1973
En 1973, des tensions politiques au Moyen-Orient provoquent une forte hausse du prix du pétrole. Or, le pétrole est une ressource essentielle pour produire et se déplacer. Cette hausse entraîne une augmentation générale des prix (inflation), ce qui freine la consommation et la production. Les entreprises produisent moins et le chômage augmente.

La crise de 2000 (bulle Internet)
À la fin des années 1990, de nombreuses entreprises liées à Internet et aux nouvelles technologies sont fortement valorisées en Bourse, parfois sans être réellement rentables. Cette situation crée une bulle spéculative. Lorsque les investisseurs réalisent que ces entreprises sont surévaluées, les cours boursiers chutent, ce qui provoque un ralentissement de l’activité économique.

La crise de 2020 (Covid-19)
En 2020, la pandémie de Covid-19 conduit de nombreux pays à mettre en place des confinements et des restrictions sanitaires. Une partie de l’activité économique est alors interrompue. Cette situation entraîne une forte baisse du PIB, une diminution de la production et une hausse du chômage dans de nombreux pays.
e)Les limites du P.I.B
D'abord, le PIB ne mesure pas le bien-être des populations. Il ne prend pas en compte des éléments essentiels comme la qualité de vie, la santé, le niveau de stress, le temps libre ou encore la qualité des relations sociales. Certains pays, comme le Bhoutan, ont d’ailleurs cherché à développer d’autres indicateurs, comme le Bonheur National Brut, afin de mieux prendre en compte ces dimensions.
Ensuite, le PIB ne renseigne pas sur la répartition des richesses. Il peut augmenter alors même que les inégalités se creusent. Un pays peut donc être riche en termes de production globale, mais une partie importante de sa population peut rester pauvre. Le PIB mesure la quantité de richesse créée, mais il ne dit rien sur la manière dont cette richesse est partagée.
Par ailleurs, le PIB ignore de nombreuses activités non marchandes qui créent pourtant de la valeur. Le travail domestique, le bénévolat ou l’aide apportée à des proches ne sont pas comptabilisés, alors qu’ils sont essentiels au fonctionnement de la société. De la même manière, une partie de l’économie souterraine échappe aux statistiques officielles, ce qui peut conduire à sous-estimer la richesse réellement produite.
Enfin, le PIB présente également une limite importante sur le plan environnemental. Il comptabilise positivement les activités économiques liées à la réparation de dégâts, comme le nettoyage après une catastrophe écologique, sans tenir compte de la destruction initiale. Il ne mesure donc pas la soutenabilité de la croissance ni l’épuisement des ressources naturelles.
II) Production de la richesse
a) Les facteurs de production; Facteur travail et capital
La production correspond à l’activité qui consiste à créer des biens ou des services afin de satisfaire des besoins.
Pour produire, une entreprise doit utiliser des facteurs de production. Dans l’analyse économique, on distingue principalement deux facteurs de production : le travail et le capital.
Le travail correspond à l’ensemble des efforts physiques et intellectuels fournis par les individus dans le processus de production. Par exemple, les ouvriers dans une usine, les vendeurs dans un magasin ou les ingénieurs qui conçoivent des produits.
Le capital correspond à l’ensemble des biens durables utilisés pour produire d’autres biens ou services. Il s’agit par exemple des machines, des outils, des bâtiments, des ordinateurs ou encore des véhicules utilisés par l’entreprise.
La production résulte donc de la combinaison du travail et du capital. L’entreprise doit organiser ces deux facteurs afin de produire de manière efficace.
Les progrès techniques et les innovations peuvent également améliorer la manière dont le travail et le capital sont utilisés, ce qui permet d’augmenter la production ou d’améliorer la productivité.

b) Production marchande et non-marchande
La production correspond à l’activité qui consiste à créer des biens et des services destinés à satisfaire des besoins.
On distingue deux types de production : la production marchande et la production non marchande.
La production marchande est une production vendue sur un marché à un prix économiquement significatif, c’est-à-dire un prix qui couvre au moins une grande partie des coûts de production. Elle est réalisée principalement par les entreprises.
Par exemple, lorsqu’une entreprise vend des vêtements, des meubles, des voitures ou des services informatiques, il s’agit de production marchande.
La production non marchande, au contraire, correspond à des biens ou des services fournis gratuitement ou à un prix très faible, c’est-à-dire inférieur à leur coût de production. Elle est principalement réalisée par les administrations publiques ou certaines associations.
Par exemple, l’éducation dans les écoles publiques, les services de police, la justice ou certains soins dans les hôpitaux publics sont des productions non marchandes.
Ainsi, la principale différence entre ces deux types de production repose sur le prix de vente et sur l’objectif de l’organisation qui produit :
la production marchande vise généralement à réaliser un profit,
la production non marchande vise surtout à satisfaire des besoins collectifs ou sociaux.

L'organisation de la vie politique en France
I) Introduction
a) Qu'est-ce que la Science-Politique ?
La science politique est une discipline des sciences sociales qui étudie le pouvoir politique, son organisation et les rapports de force qui existent dans une société.
Elle cherche à comprendre qui détient le pouvoir, comment il s’exerce et comment il est contesté. La science politique analyse donc les institutions (comme l’État ou le Parlement), mais aussi les comportements politiques des citoyens, les partis politiques, les élections ou encore les conflits entre groupes sociaux.
On peut dire que la science politique est la science des rapports de force autour du pouvoir politique.
Le mot politique vient du grec polis, qui signifie la cité. La politique concerne donc tout ce qui touche à l’organisation de la vie collective et à la gestion des affaires communes.
Déjà dans l’Antiquité, des philosophes comme Platon ou Aristote réfléchissaient à ces questions. Aristote affirmait que l’être humain est un “animal politique”, car il vit nécessairement en société et doit participer à l’organisation de la cité.
La science politique cherche donc à comprendre comment les sociétés organisent le pouvoir et prennent des décisions collectives.
PODCAST - Platon et la politique
Pour aller plus loin - portail universitaire du droit
Machiavel : un des fondateurs de la science politique moderne
Le penseur italien Nicolas Machiavel (1469-1527) est souvent considéré comme l’un des fondateurs de la science politique moderne.
Dans son ouvrage célèbre Le Prince (1513), Machiavel cherche à comprendre comment le pouvoir politique se conquiert, se conserve et s’exerce. Contrairement aux philosophes de l’Antiquité ou du Moyen Âge, il ne réfléchit pas seulement à la manière dont le pouvoir devrait être, mais plutôt à la manière dont il fonctionne réellement.
Machiavel observe les pratiques des dirigeants et analyse les rapports de force entre les différents acteurs politiques. Il explique que les dirigeants doivent parfois utiliser la ruse, la stratégie ou la force pour conserver le pouvoir.
Cette approche est nouvelle, car Machiavel étudie la politique de manière réaliste et concrète, en s’intéressant aux faits et aux stratégies du pouvoir.
Pour cette raison, Machiavel est souvent considéré comme l’un des premiers auteurs à analyser la politique comme un objet d’étude scientifique, ce qui fait de lui un précurseur de la science politique.
b) Qu'est-ce que le pouvoir ?
En général, la définition que l’on donne du pouvoir est une définition relationnelle. C’est selon Max Weber la probabilité pour un acteur d’imposer aux autres sa volonté dans le cadre d’une relation sociale. De son côté, Robert Dahl (« On the concept of power », Behavorial Pouvoir Science, 1957) amplifie cette dimension interactionniste en affirmant que « A exerce un pouvoir sur B dans la mesure où il peut obtenir que B fasse quelque chose que B n’aurait pas fait sans l’intervention de A ».
En science politique, le pouvoir désigne la capacité d’un individu ou d’un groupe à influencer ou à faire agir d’autres individus.
Le sociologue allemand Max Weber a beaucoup étudié le pouvoir et les formes de domination. Selon lui, le pouvoir est stable lorsqu’il est considéré comme légitime, c’est-à-dire accepté par ceux qui obéissent.
Max Weber distingue trois formes de domination légitime :
La domination traditionnelle : elle repose sur les traditions et les coutumes. Par exemple, dans les monarchies héréditaires, l’autorité du roi est acceptée parce qu’elle s’inscrit dans la tradition. (Louis XIV)
La domination charismatique : elle repose sur la personnalité exceptionnelle d’un chef. Les individus obéissent parce qu’ils admirent ou font confiance à ce leader. (Hitler, Gandhi etc...)
La domination rationnelle-légale : elle repose sur des règles et des lois. Les individus obéissent non pas à une personne en particulier mais à des institutions et à des règles juridiques. C’est le type de domination caractéristique des États modernes et des démocraties. (E.MACRON / D.TRUMP)

c) La séparation des pouvoirs
Dans les démocraties modernes, une question importante est de savoir comment organiser le pouvoir politique afin d’éviter les abus.
Au XVIIIᵉ siècle, pendant la période des Lumières, le philosophe français Montesquieu développe la théorie de la séparation des pouvoirs dans son ouvrage De l’esprit des lois (1748).
Selon lui, pour garantir la liberté des citoyens, il est nécessaire de séparer les différents pouvoirs de l’État, afin qu’aucune autorité ne puisse concentrer tout le pouvoir.
Montesquieu distingue trois pouvoirs principaux :
le pouvoir législatif : il consiste à faire les lois
le pouvoir exécutif : il consiste à appliquer les lois et à gouverner
le pouvoir judiciaire : il consiste à juger et à faire respecter les lois
L’idée est que chaque pouvoir doit être exercé par des institutions différentes, afin qu’elles puissent se contrôler mutuellement. Ce principe permet de limiter les abus de pouvoir et de protéger les libertés des citoyens.
Ce principe de séparation des pouvoirs est aujourd’hui un fondement des démocraties modernes, notamment en France.
II) Les institutions françaises
a) Les trois pouvoirs
Le pouvoir législatif : faire la loi
Le pouvoir législatif correspond au pouvoir de discuter et voter les lois qui organisent la vie de la société. En France, ce pouvoir appartient au Parlement, qui représente les citoyens.
Le Parlement est composé de deux assemblées : l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale est constituée de députés élus directement par les citoyens lors des élections législatives. Leur mandat dure cinq ans. Le Sénat est composé de sénateurs élus au suffrage universel indirect, c’est-à-dire par des représentants des collectivités territoriales. Leur mandat dure six ans.
Les deux chambres examinent les projets et propositions de loi, les discutent, les modifient et les votent. Le Parlement joue également un rôle de contrôle de l’action du gouvernement. Par exemple, les députés peuvent poser des questions au gouvernement ou adopter une motion de censure pour renverser celui-ci. Dans le système politique français, l’Assemblée nationale dispose généralement du dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.
Le pouvoir exécutif : appliquer la loi
Le pouvoir exécutif correspond au pouvoir de mettre en œuvre les lois et de conduire la politique du pays. En France, il est exercé conjointement par le Président de la République et par le gouvernement.
Le Président de la République est le chef de l’État. Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Depuis 2017, ce poste est occupé par Emmanuel Macron. Le président représente la France, promulgue les lois votées par le Parlement, peut organiser un référendum et dispose de pouvoirs importants en matière diplomatique et militaire. Il nomme également le Premier ministre.
Le gouvernement est dirigé par le Premier ministre et comprend l’ensemble des ministres chargés des différentes politiques publiques. Le gouvernement prépare les projets de loi, applique les lois votées par le Parlement et dirige l’administration. Le Premier ministre coordonne l’action du gouvernement et veille à l’exécution des lois. Le gouvernement est politiquement responsable devant l’Assemblée nationale.
Le pouvoir judiciaire : juger et faire respecter la loi
Le pouvoir judiciaire correspond au pouvoir de trancher les litiges et de sanctionner les infractions. Il est exercé par les juges et magistrats. Son rôle est de faire respecter les lois et de garantir les droits des citoyens. Dans un État de droit, la justice doit être indépendante du pouvoir politique afin de pouvoir juger de manière impartiale.
Le système judiciaire français est composé de nombreuses juridictions. Au sommet de l’ordre judiciaire se trouve la Cour de cassation, qui veille à la bonne application de la loi par les tribunaux. Pour les litiges entre les citoyens et l’administration, la juridiction la plus élevée est le Conseil d'État. Enfin, le Conseil constitutionnel joue un rôle particulier puisqu’il vérifie que les lois votées par le Parlement respectent la Constitution.
B) La Constitution et l’organisation des institutions
Dans un État démocratique, l’ensemble des institutions et des règles politiques repose sur un texte fondamental appelé la Constitution. La Constitution est la loi suprême de l’État : elle fixe les règles essentielles qui organisent le fonctionnement du pouvoir politique et définit les droits fondamentaux des citoyens.
En France, la Constitution actuelle est la Constitution de la Ve République, adoptée en 1958.
La Constitution joue plusieurs rôles essentiels. Tout d’abord, elle définit l’organisation des pouvoirs publics. Elle précise l’existence et le rôle des principales institutions politiques : le Président de la République, le gouvernement, le Parlement et l’autorité judiciaire. Elle détermine également les relations entre ces institutions, par exemple la manière dont les lois sont votées ou les conditions dans lesquelles le gouvernement peut être contrôlé par le Parlement.
Ensuite, la Constitution garantit les droits et libertés fondamentaux des citoyens. Elle s’appuie notamment sur des textes importants comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui affirme des principes fondamentaux tels que la liberté, l’égalité devant la loi ou encore la souveraineté du peuple.
Enfin, la Constitution est au sommet de la hiérarchie des normes : toutes les lois doivent la respecter. Pour s’en assurer, une institution spécifique est chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution : le Conseil constitutionnel.
Ainsi, la Constitution constitue le fondement juridique et politique de l’État. Elle est à l’origine de l’ensemble des institutions qui exercent les différents pouvoirs et organise leur fonctionnement afin de garantir l’équilibre démocratique.
III) Les différents types de scrutin
A) Le scrutin Majoritaire
Le scrutin majoritaire consiste à attribuer la victoire au candidat ou à la liste qui obtient le plus de voix.
Le scrutin majoritaire uninominal
Dans ce système, un seul représentant est élu dans chaque circonscription.
Les électeurs votent pour un seul candidat.
Ce type de scrutin peut se dérouler :
Le candidat qui obtient le plus de voix est élu, même s’il n’atteint pas la majorité absolue.
Exemples :
- élections législatives au Royaume-Uni
- élections présidentielles aux États-Unis (dans chaque État)
Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour est organisé entre les candidats arrivés en tête.
Exemples en France :
- élection présidentielle
- élections législatives.
Ce système favorise souvent les grands partis politiques et permet de dégager des majorités stables.
Dans ce système, plusieurs représentants sont élus dans une même circonscription.
Les électeurs votent généralement pour une liste de candidats.
Exemple en France :
- élections municipales dans les communes de plus de 1 000 habitants (avec une prime majoritaire).
B) Le scrutin proportionnel
Le scrutin proportionnel vise à répartir les sièges en fonction du nombre de voix obtenues par chaque liste.
Ainsi, un parti qui obtient 30 % des voix obtient environ 30 % des sièges. Ce système permet une représentation plus fidèle des opinions politiques.
Exemples en France : élections européennes, certaines élections sénatoriales.
Cependant, ce mode de scrutin peut conduire à une fragmentation politique et rendre plus difficile la formation d’une majorité stable.